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Définition

Découvrir la robotique collaborative : définition et applications

Découvrir la robotique collaborative : définition et applications
L'essentiel

La robotique collaborative (ou "cobotique") désigne les robots conçus pour travailler aux côtés des humains, en partageant le même espace de travail sans barrières de protection physiques. Contrairement aux robots industriels traditionnels, les cobots intègrent des capteurs de force, des systèmes de vision et des algorithmes de sécurité qui leur permettent de détecter la présence humaine et de s'arrêter ou ralentir en cas de contact. Leur marché mondial était évalué à environ 1,5 milliard de dollars en 2023.

Dans les usines de l'ère industrielle, les robots étaient des machines puissantes et précises, mais dangereuses pour les humains. Ils travaillaient derrière des cages grillagées, isolés de tout contact humain. Ce paradigme a longtemps limité l'accès à la robotisation aux seules grandes entreprises capables d'aménager des cellules robotiques entières.

La robotique collaborative a changé cette équation. Les cobots (de "collaborative robots") sont conçus dès le départ pour opérer aux côtés des humains, partager leur espace de travail et s'adapter en temps réel à leur présence. Cette approche ouvre la robotisation aux PME et aux ateliers flexibles, et redéfinit le rôle du travailleur humain dans l'industrie.

Définition de la robotique collaborative

La robotique collaborative est une branche de la robotique industrielle qui développe des robots capables d'interagir directement avec des opérateurs humains dans un environnement de travail partagé. La définition technique est encadrée par la norme ISO 10218 (2011) et la spécification technique ISO/TS 15066 (2016), qui définissent les exigences de sécurité spécifiques aux systèmes de robots collaboratifs.

Un cobot se distingue d'un robot industriel traditionnel par plusieurs caractéristiques techniques :

  • La détection de force et de pression : capteurs qui permettent au cobot de détecter un contact avec un humain et de réduire immédiatement sa force ou de s'arrêter.
  • La limitation de vitesse et de force : les cobots opèrent à des vitesses et des niveaux de force inférieurs aux robots industriels classiques, réduisant le risque de blessure en cas de contact.
  • La programmation simplifiée : de nombreux cobots se programment par apprentissage direct (en guidant manuellement le bras du robot) plutôt que par code informatique complexe.
  • Le poids et l'encombrement réduits : les cobots sont généralement plus légers et plus compacts que les robots industriels, facilitant leur déplacement et reconfiguration.

Les types de collaboration humain-robot

L'ISO/TS 15066 distingue quatre types de fonctionnements collaboratifs, classés par ordre croissant d'interaction :

1. Arrêt contrôlé par surveillance de sécurité : le robot s'arrête automatiquement quand l'humain entre dans sa zone de travail et reprend son activité quand il en sort. Les deux ne travaillent pas simultanément dans le même espace.

2. Guidage manuel : l'opérateur guide physiquement le robot pour lui apprendre un mouvement. Le robot suit le mouvement imposé par l'humain.

3. Surveillance de vitesse et de séparation : le robot adapte sa vitesse en fonction de la distance qui le sépare de l'humain. Plus l'humain est proche, plus le robot ralentit.

4. Limitation de puissance et de force (Power and Force Limiting, PFL) : le niveau d'interaction le plus élevé. Le robot peut entrer en contact avec l'humain mais sa force est limitée à des niveaux biomécaniquement sûrs.

Cobots vs robots industriels traditionnels : comparatif
Critère Cobot Robot industriel traditionnel
Interaction humaine Oui, conçu pour Non, zone sécurisée obligatoire
Barrières de protection Non nécessaires (selon évaluation) Obligatoires
Charge utile typique 0,5 à 35 kg Jusqu'à plusieurs centaines de kg
Vitesse maximale 2 m/s (limité) 10 m/s et plus
Programmation Apprentissage par guidage, interface simple Programmation par expert
Prix d'entrée 15 000 à 50 000 € 50 000 à 500 000 €+
Flexibilité Élevée (reconfigurable facilement) Faible (installation fixe)

Applications concrètes des cobots dans l'industrie

Les cobots trouvent leur place dans une grande variété de tâches industrielles, notamment là où une interaction homme-machine étroite est nécessaire ou là où les productions sont variées et peu répétitives.

L'assemblage de pièces : dans l'automobile, l'électronique ou l'aéronautique, les cobots assistent les opérateurs pour les tâches de vissage, de sertissage ou d'emboîtage. L'humain apporte sa dextérité et son jugement, le cobot sa force et sa précision répétable.

La palettisation et la manutention : soulever et déplacer des cartons lourds de façon répétitive est un risque majeur de troubles musculo-squelettiques (TMS). Les cobots prennent en charge ces tâches pénibles, permettant à l'opérateur de se concentrer sur des activités à plus haute valeur ajoutée.

Le contrôle qualité visuel : associés à des systèmes de vision artificielle, les cobots peuvent inspecter des pièces à cadence élevée avec une constance impossible à atteindre pour l'oeil humain.

La découpe, le soudage et le polissage : dans les PME de métallurgie et de plasturgie, les cobots automatisent des tâches exposant les opérateurs à des risques (projections, chaleur, bruit) sans imposer de réorganisation complète de l'atelier.

Bon à savoir

Universal Robots (UR), fondée au Danemark en 2005, est le leader mondial du marché des cobots. Sa gamme de bras robotiques (UR3, UR5, UR10, UR16, UR20) est utilisée dans plus de 140 pays. Fanuc, ABB, KUKA et Yaskawa, grands acteurs historiques de la robotique industrielle, ont également développé leurs propres lignes de cobots pour répondre à cette demande croissante.

Enjeux et limites de la robotique collaborative

La robotique collaborative offre des opportunités réelles, mais elle présente aussi des limites et des enjeux qui méritent attention.

La question de la sécurité est souvent mal comprise. L'absence de barrière physique ne signifie pas l'absence de risques. L'évaluation des risques selon les normes ISO est obligatoire avant tout déploiement. Le cobot n'est sûr qu'en configuration validée : changer l'outil, la charge ou l'environnement peut remettre en cause l'évaluation initiale.

La limitation de charge et de vitesse rend les cobots inadaptés aux tâches lourdes ou à très haute cadence. Pour des productions de grande série avec des pièces lourdes, les robots industriels traditionnels restent plus pertinents.

La question sociale est inévitable. Si les cobots sont présentés comme des "assistants" qui libèrent les humains des tâches pénibles, leur déploiement peut aussi conduire à des suppressions de postes. La gestion du changement, la requalification des opérateurs et la concertation sociale sont des dimensions que les entreprises ne peuvent pas ignorer.

Un cobot est-il adapté à votre tâche ?

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Questions fréquentes sur la robotique collaborative

Un cobot peut-il travailler sans aucune protection ?

Non systématiquement. L'absence de barrière physique dépend de l'évaluation des risques réalisée pour chaque application spécifique. Selon l'outil monté sur le cobot (outil tranchant, températures élevées, projections), des protections supplémentaires peuvent être nécessaires même si le robot est intrinsèquement sûr. La norme ISO/TS 15066 définit le cadre de cette évaluation.

Quel est le retour sur investissement d'un cobot ?

Le ROI d'un cobot est généralement rapide comparé à un robot industriel traditionnel. Avec un prix d'entrée de 15 000 à 50 000 € (hors intégration), les PME citent des ROI de 6 à 18 mois dans les cas favorables (3x8h, tâche très répétitive, gain de qualité significatif). L'intégration (peripheral équipements, programmation, formation) représente souvent 50 à 100 % du coût du robot lui-même.

La programmation d'un cobot est-elle accessible à des non-informaticiens ?

Oui, c'est l'un des arguments principaux des cobots. La plupart des fabricants (Universal Robots en tête) proposent des interfaces de programmation graphiques et un mode d'apprentissage par guidage (enseigner un mouvement en guidant physiquement le bras). Un opérateur de production sans formation en informatique peut apprendre à programmer des tâches simples en quelques heures.

Y a-t-il des aides financières pour l'achat d'un cobot en France ?

Oui. Dans le cadre du plan France 2030 et du programme "Industrie du futur", des aides à la robotisation sont disponibles pour les PME et ETI industrielles. Bpifrance propose des prêts et des garanties. Certaines régions complètent avec des subventions spécifiques. Le crédit d'impôt investissement et les dispositifs d'amortissement accéléré peuvent également s'appliquer. Renseignez-vous auprès de votre CCI ou de Bpifrance pour les dispositifs en vigueur.

Sources

ISO - ISO 10218:2011, Robots et équipements robotiques — Exigences de sécurité pour les robots industriels : https://www.iso.org/standard/51330.html

ISO - ISO/TS 15066:2016, Robots et équipements robotiques — Robots collaboratifs : https://www.iso.org/standard/62996.html

Universal Robots - Qu'est-ce qu'un robot collaboratif ? : https://www.universal-robots.com/fr/

Bpifrance - Industrie du futur, aides à la robotisation pour les PME : https://www.bpifrance.fr/nos-solutions/financement/prets/pret-industrie-du-futur

IFR (International Federation of Robotics) - World Robotics Report 2023 : https://ifr.org/ifr-press-releases/news/record-2.7-million-robots-work-in-factories-around-the-globe

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