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Capacité d'autofinancement (CAF) : calcul et lecture

Analyse de la capacité d'autofinancement d'une entreprise avec rapport financier et calculatrice

La capacité d'autofinancement, ou CAF, est la ressource que l'activité d'une entreprise dégage sur un exercice, une fois toutes les charges payées, pour rembourser ses emprunts, investir et rémunérer ses associés. Elle se calcule le plus simplement en ajoutant au résultat net les charges qui ne sortent pas de la caisse, dotations aux amortissements et aux provisions. C'est le premier chiffre qu'un banquier regarde dans une demande de prêt, et le simulateur plus bas le donne en quatre lignes.

L'essentiel

CAF = résultat net + dotations aux amortissements et provisions − reprises sur provisions − produits de cession d'actifs + valeur nette comptable des actifs cédés. Une entreprise qui affiche 30 000 euros de résultat net et 25 000 euros d'amortissements a une CAF de 55 000 euros. Les banques exigent en général que les dettes financières restent sous trois à quatre années de CAF et que les annuités d'emprunt n'en absorbent pas plus de la moitié. La CAF n'est pas la trésorerie, une partie peut être immobilisée dans les stocks et les créances clients.

Le résultat net ne dit pas tout

Le compte de résultat déduit des charges qui ne correspondent à aucune sortie d'argent. Une machine achetée 50 000 euros et amortie sur cinq ans pèse 10 000 euros de charge chaque année, alors que l'argent est sorti une fois, à l'achat. Une provision pour un litige réduit le résultat sans qu'un euro soit versé. La CAF neutralise ces écritures pour retrouver ce que l'exploitation a réellement produit comme ressource.

C'est pourquoi une entreprise très équipée peut afficher un résultat net proche de zéro et une CAF confortable, et pourquoi une CAF qui baisse alors que le résultat tient est un signal avancé, souvent le signe que le résultat est soutenu par des reprises de provisions ou une vente d'actif qui ne se reproduiront pas.

Le calcul, avec un exemple

La méthode dite soustractive part de l'excédent brut d'exploitation et ajoute ou retranche les autres produits et charges encaissables ou décaissables. La méthode additive, plus simple et suffisante pour une PME, part du résultat net.

LigneMontantOpération
Résultat net de l'exercice30 000 €
Dotations aux amortissements et aux provisions25 000 €+
Reprises sur provisions4 000 €−
Produit de cession d'un véhicule8 000 €−
Valeur nette comptable du véhicule cédé3 000 €+
Capacité d'autofinancement46 000 €

La vente du véhicule illustre la logique. Elle a rapporté 8 000 euros et dégagé une plus-value comptable de 5 000 euros qui gonfle le résultat net. La CAF la retire, parce qu'une cession d'actif n'est pas de l'exploitation et ne se répète pas. Ces lignes figurent toutes dans la liasse fiscale, et l'expert-comptable calcule la CAF dans les soldes intermédiaires de gestion qu'il joint aux comptes annuels.

Calculez votre capacité d'autofinancement

Méthode additive, montants annuels en euros, lisibles dans la liasse fiscale.

Lire la CAF

Un montant isolé ne dit rien. La CAF se lit rapportée à trois choses. Aux dettes financières d'abord, le ratio dettes sur CAF exprimant en années le temps nécessaire pour tout rembourser, et les banques tiquent au-delà de trois à quatre ans. Aux annuités d'emprunt ensuite, capital et intérêts, qui ne devraient pas absorber plus de la moitié de la CAF, sinon rien ne reste pour investir ni pour encaisser un mauvais exercice. Au chiffre d'affaires enfin, mais avec prudence, parce que le niveau normal varie du simple au quintuple selon l'activité. Un négoce à faible marge vit avec une CAF à 3 % du chiffre d'affaires, un éditeur de logiciel en attend 20 %. Comparer sa CAF à celle des concurrents, dont les comptes sont consultables sur data.inpi.fr, vaut mieux qu'un seuil universel.

L'évolution sur trois exercices compte davantage que le chiffre d'une année. Une CAF qui progresse avec le chiffre d'affaires signale un modèle qui se renforce. Une CAF qui s'érode pendant que les ventes montent signale des marges qui se dégradent, ce que le résultat net peut masquer un temps.

À quoi elle sert dans l'année

La CAF se répartit entre trois emplois, et l'ordre n'est pas libre. Le remboursement du capital des emprunts vient en premier, c'est une obligation contractuelle. Les investissements de maintien ensuite, le matériel qu'il faut remplacer pour continuer à produire. Le solde finance la croissance, se met en réserve ou se distribue en dividendes. Ce qui reste après dividendes s'appelle l'autofinancement au sens strict, et c'est lui que le bilan retrouve dans les capitaux propres.

Quand la CAF ne couvre plus les remboursements et les investissements de maintien, l'entreprise emprunte pour rembourser ou puise dans sa trésorerie. Un exercice comme celui-là se rattrape. Trois exercices de suite mènent au tribunal de commerce. C'est la raison pour laquelle la CAF conditionne la capacité d'emprunt, et pourquoi le banquier la recalcule lui-même à partir de la liasse plutôt que de croire le chiffre du dossier.

Point de vigilance

La CAF n'est pas de l'argent sur le compte. Une entreprise dont les clients paient à 60 jours et dont les stocks gonflent peut avoir une CAF de 50 000 euros et un découvert. La ressource existe, elle est immobilisée dans le besoin en fonds de roulement. Le flux de trésorerie réel de l'exercice est la CAF moins la variation du besoin en fonds de roulement, et c'est ce flux-là qui paie les échéances.

Vos questions

CAF et trésorerie, est-ce la même chose ?

Non. La CAF est un potentiel de trésorerie dégagé par l'activité, calculé à partir du compte de résultat. La trésorerie est ce qui est réellement sur le compte, et elle dépend aussi des délais de paiement, des stocks et des investissements. Le passage de l'une à l'autre se fait par le tableau de flux, en retranchant de la CAF la variation du besoin en fonds de roulement.

Une CAF négative est-elle toujours alarmante ?

Elle signifie que l'activité consomme des ressources au lieu d'en produire, et que l'entreprise vit sur ses réserves ou sur l'argent des autres. Sur un exercice de lancement ou de crise, elle peut s'expliquer, à condition d'avoir la trésorerie pour tenir et un plan chiffré de retour à l'équilibre. Deux exercices consécutifs de CAF négative ferment presque toutes les portes de financement.

Pourquoi les banques regardent-elles autant la CAF ?

Parce qu'un prêt se rembourse avec la CAF et rien d'autre. La banque en déduit combien l'entreprise peut consacrer chaque année à ses échéances, et vérifie que le nouveau prêt tient dans cette enveloppe avec une marge. Elle la lit sur les deux ou trois dernières liasses pour juger de sa stabilité, une CAF exceptionnelle une seule année ne comptant pas.

Sources

Autorité des normes comptables, plan comptable général, tableau des soldes intermédiaires de gestion et calcul de la capacité d'autofinancement : anc.gouv.fr

Banque de France, glossaire des ratios d'analyse financière des entreprises : banque-france.fr

INPI, consultation des comptes annuels déposés par les entreprises : data.inpi.fr

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