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PIB France et secteurs en croissance : où trouver les opportunités pour une PME en 2026

Graphique de croissance du PIB français par secteur avec Paris en arrière-plan

Le Produit Intérieur Brut (PIB) de la France atteint environ 2 900 milliards d'euros en 2024, faisant de la France la septième économie mondiale et la deuxième de l'Union européenne derrière l'Allemagne. Derrière ce chiffre agrégé se cachent des dynamiques sectorielles très différentes : certains secteurs tirent la croissance française à des rythmes de 3 à 5 % par an, d'autres stagnent ou reculent. Pour une PME qui réfléchit à sa stratégie de croissance, aux marchés à développer ou aux secteurs dans lesquels investir, comprendre cette structure sectorielle du PIB est un point de départ analytique précieux. Ce guide décrypte la composition du PIB français et identifie les secteurs porteurs pour les prochaines années.

L'essentiel

La France est une économie tertiaire : les services représentent environ 71 % du PIB, l'industrie 17 %, la construction 6 % et l'agriculture 1,5 %. Les secteurs en croissance soutenue en 2024-2026 sont l'aéronautique et la défense (portefeuille de commandes record), le luxe et les produits haut de gamme, le numérique et les services technologiques, et la transition énergétique (renouvelables, efficacité énergétique, mobilité électrique). Ces secteurs offrent des opportunités de sous-traitance et de partenariat pour les PME qui savent s'y positionner.

La structure du PIB français : une économie de services

La France est souvent perçue comme un pays industriel du fait de ses fleurons (Airbus, Safran, Renault, Michelin, Hermès, LVMH), mais c'est une économie à dominante tertiaire. Les services marchands (commerce, finance, assurance, immobilier, services aux entreprises) et non marchands (éducation, santé, administration publique) représentent ensemble plus de 70 % du PIB. Cette structure est comparable à celle des autres grandes économies européennes avancées (Allemagne, Royaume-Uni, Italie) même si la part de l'industrie y est légèrement supérieure en Allemagne.

L'industrie française représente environ 17 % du PIB, soit une part plus faible qu'il y a trente ans mais qui reste importante en valeur absolue. La désindustrialisation des décennies 1990-2010 a réduit le tissu industriel français, mais un mouvement de réindustrialisation est à l'oeuvre depuis 2020 sous l'impulsion du Plan France 2030 et de la politique de relocalisation post-COVID. Les secteurs industriels les plus dynamiques en France sont l'aéronautique, la défense, les produits pharmaceutiques, la chimie de spécialité et l'agroalimentaire haut de gamme.

SecteurPart du PIBCroissance 2024 (est.)
Services marchands~45 %+2,1 %
Services non marchands~26 %+0,8 %
Industrie manufacturière~13 %+1,5 %
Construction~6 %+0,2 %
Aéronautique, défense~3 %+4,2 %
Agriculture, pêche, sylviculture~1,5 %-0,5 %
Énergie, eau, déchets~2,5 %+3,1 %

Les secteurs en forte croissance en 2026

L'aéronautique et la défense sont les secteurs industriels les plus dynamiques en France en 2024-2026. Le groupe Safran a affiché en 2024 un chiffre d'affaires de 26,5 milliards d'euros avec une croissance de plus de 15 %, portée par le rattrapage de la production de moteurs LEAP en sous-traitance avec GE Aviation et par la forte demande de compagnies aériennes mondiales qui renouvellent leurs flottes. Airbus, dont Toulouse est le coeur industriel, a un carnet de commandes record supérieur à 7 000 avions, représentant plus de dix ans de production. Pour les PME sous-traitantes ou fournisseurs de services à l'aéronautique (usinage de précision, traitements de surface, maintenance, ingénierie), les opportunités sont importantes, sous réserve de satisfaire aux exigences qualité du secteur (AS9100, NADCAP).

Le secteur du luxe est le deuxième grand secteur de croissance française. LVMH (70,2 milliards d'euros de CA en 2024), Hermès (15 milliards), Kering, L'Oréal, Chanel : la France est le premier pays au monde pour l'industrie du luxe et des cosmétiques haut de gamme. Ce secteur génère des opportunités pour les PME dans de nombreux domaines : fabricants de matières premières de luxe (cuirs exotiques, textiles nobles, cristal), sous-traitants de façonnage (ateliers de maroquinerie, broderie, joaillerie), prestataires de services (logistique de luxe, packaging premium, expérience client). L'enjeu est de satisfaire aux exigences très élevées de qualité et de traçabilité de ces donneurs d'ordres.

2 900 Md EURPIB français en 2024, 7e économie mondiale
+4,2 %croissance du secteur aéronautique et défense en France en 2024
70 Md EURchiffre d'affaires de LVMH en 2024, reflet de la puissance du luxe français
+12 %croissance des investissements dans la transition énergétique en France en 2024

La transition énergétique : une opportunité de moyen terme

La transition énergétique est probablement le plus grand secteur de croissance de la prochaine décennie en France et en Europe. Les investissements publics et privés dans les énergies renouvelables (solaire, éolien terrestre et offshore), l'efficacité énergétique des bâtiments (rénovation thermique, pompes à chaleur, isolation), la mobilité électrique (véhicules électriques, bornes de recharge, batteries) et l'hydrogène vert créent des besoins considérables pour les PME dans de nombreux domaines. Le plan France 2030 prévoit 30 milliards d'euros d'investissements dans la décarbonation de l'industrie et de l'énergie sur la période 2022-2030.

Les PME qui se positionnent dans la transition énergétique ont accès à des marchés en forte croissance, souvent encore peu matures en termes de concurrence consolidée. Les installateurs de panneaux solaires, les bureaux d'études spécialisés en efficacité énergétique, les fabricants de composants pour pompes à chaleur ou bornes de recharge, les entreprises de rénovation thermique : autant de niches où des PME agiles peuvent prendre des positions de leader régional avant que les acteurs nationaux consolidés n'y arrivent.

Les secteurs à surveiller avec prudence

Tous les secteurs ne sont pas en croissance. L'industrie automobile traditionnelle fait face à une transition forcée vers l'électrique qui déstabilise les fournisseurs habitués aux moteurs thermiques. Les imprimeries et médias papier continuent leur déclin structurel. Le commerce de détail généraliste souffre de la concurrence du e-commerce. La grande distribution alimentaire fait face à des marges très compressées et à une concurrence des drives et du commerce en ligne. Les PME positionnées dans ces secteurs doivent anticiper ces transitions et explorer des repositionnements avant que la pression financière ne rende le pivot plus difficile.

Le numérique est un secteur transversal qui transforme tous les autres. Les entreprises du numérique (services cloud, cybersécurité, intelligence artificielle, développement logiciel, intégration numérique dans les industries traditionnelles) affichent des taux de croissance parmi les plus élevés de l'économie française, avec une pénurie de talents qui soutient les salaires et les marges des acteurs bien positionnés. Pour les PME dans des secteurs traditionnels, l'enjeu est d'intégrer le numérique dans leur offre pour rester compétitives et répondre aux attentes croissantes de leurs clients.

Vos questions

Le PIB est-il le meilleur indicateur pour identifier les opportunités sectorielles ?

Le PIB donne une vision macroéconomique utile mais insuffisante pour une décision de positionnement stratégique. D'autres indicateurs sont souvent plus pertinents pour une PME : la croissance des dépenses sectorielles spécifiques (investissements dans l'aéronautique vs dans l'automobile thermique), les évolutions réglementaires qui créent de la demande (nouvelles obligations de rénovation énergétique, réglementations sur les emballages plastiques), les tendances de consommation émergentes et les signaux de marchés adjacents. Pour une PME qui cherche une opportunité de croissance, l'étude sectorielle approfondie (XERFI, données Banque de France par code NAF) est plus utile que le seul chiffre du PIB.

La France est-elle un bon pays pour entreprendre en 2026 ?

La France présente des avantages réels pour l'entrepreneuriat : un système de protection sociale qui réduit le risque personnel de l'entrepreneur (couverture maladie, retraite), un écosystème d'innovation actif (French Tech, VCs, dispositifs CIR/CII), une main-d'oeuvre qualifiée disponible, et un marché domestique de 68 millions de consommateurs. Les défis sont également réels : fiscalité des entreprises élevée par rapport à certains pays européens (même si des niches fiscales existent), marché du travail perçu comme rigide, délais administratifs parfois longs. Le bilan est globalement positif pour une PME qui joue à l'échelle européenne ou mondiale dans un secteur à fort contenu de valeur ajoutée.

Comment identifier les sous-secteurs en croissance dans mon propre domaine d'activité ?

Plusieurs sources permettent d'identifier les sous-secteurs en croissance : les rapports sectoriels de XERFI (sectoriels payants mais très complets), les analyses de la Banque de France et de la Banque publique d'investissement Bpifrance par code NAF, les publications d'associations professionnelles sectorielles, les études des CCI (Chambres de Commerce et d'Industrie), les rapports des cabinets de conseil spécialisés, et la lecture attentive des appels d'offres publics (qui reflètent les priorités d'investissement de l'État et des collectivités). Les signaux non financiers comme le volume de recrutements dans un secteur ou le nombre de créations d'entreprises dans un domaine sont également des indicateurs avancés de croissance.

Comprendre la structure et la dynamique du PIB français n'est pas un exercice académique réservé aux économistes. C'est une grille de lecture pratique pour tout dirigeant de PME qui réfléchit à ses marchés cibles, à ses investissements et à sa stratégie de croissance. Les secteurs qui tirent la croissance française en 2026, aéronautique, luxe, numérique et transition énergétique, offrent des opportunités réelles pour les PME qui savent s'y positionner avec les bonnes certifications, les bons partenariats et la bonne expertise sectorielle.

Sources

INSEE - Comptes nationaux France 2024 : https://www.insee.fr/fr/statistiques/comptes-nationaux

Banque de France - Note de conjoncture sectorielle 2025 : https://www.banque-france.fr

Plan France 2030 - Bilan investissements transition énergétique 2025 : https://www.gouvernement.fr/france-2030

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