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Quelles charges peut-on réellement déduire en auto-entreprise ?

Charges déductibles auto-entreprise

La question revient souvent chez les auto-entrepreneurs : peut-on déduire ses frais professionnels (matériel, déplacements, téléphone) de son chiffre d'affaires avant de payer ses charges ? La réponse est non, et comprendre pourquoi change profondément la façon d'aborder la gestion financière de son activité. Le régime de la micro-entreprise fonctionne sur un abattement forfaitaire, pas sur des déductions réelles. Ce système a des avantages et des limites qu'il vaut mieux connaître avant de se lancer.

A retenir

  • En micro-entreprise, aucune charge réelle n'est déductible : ni le matériel, ni le loyer, ni les déplacements.
  • A la place, un abattement forfaitaire est appliqué automatiquement sur le chiffre d'affaires déclaré.
  • Si vos charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire, le passage au régime réel devient plus avantageux fiscalement.

Le principe de l'abattement forfaitaire : comment ça fonctionne

Le régime de la micro-entreprise est conçu pour simplifier au maximum les obligations comptables et fiscales. Au lieu d'exiger la tenue d'une comptabilité détaillée avec justification de chaque dépense, l'administration applique un abattement forfaitaire fixe sur le chiffre d'affaires déclaré. Cet abattement est censé représenter les charges moyennes de l'activité.

Le taux d'abattement varie selon le type d'activité : 71 % pour la vente de marchandises, l'hébergement et les activités assimilées, 50 % pour les prestations de services relevant des BIC (bénéfices industriels et commerciaux), et 34 % pour les activités libérales relevant des BNC (bénéfices non commerciaux).

Concrètement, si un auto-entrepreneur en prestation de services déclare 30 000 euros de CA annuel, la base imposable est de 15 000 euros (30 000 x 50 %). C'est sur cette base que sont calculés l'impôt sur le revenu et les cotisations sociales. Peu importe si ses charges réelles s'élèvent à 5 000 euros ou à 20 000 euros : l'abattement de 50 % est appliqué de façon uniforme.

Type d'activitéTaux d'abattement forfaitaireExemples
Vente de marchandises, fournitures, hébergement71 %E-commerce, gîtes, vente en ligne
Prestations de services BIC50 %Artisans, prestataires techniques, restauration à emporter
Professions libérales BNC34 %Consultants, formateurs, rédacteurs, graphistes

Ce qui n'est pas déductible en micro-entreprise

Beaucoup d'auto-entrepreneurs sont surpris de découvrir que les achats professionnels, aussi légitimes soient-ils, ne réduisent pas leur base imposable. Voici les principales dépenses que l'on aimerait déduire mais qui n'ont aucun impact fiscal en micro-entreprise :

  • Achat de matériel professionnel : ordinateur, outillage, appareil photo, équipement de bureau
  • Frais de déplacement : carburant, péages, billets de train ou d'avion professionnels
  • Loyer d'un local professionnel : bureau, atelier, local commercial
  • Abonnements professionnels : logiciels, téléphonie, internet professionnel
  • Honoraires comptables ou juridiques
  • Formation professionnelle (hors CPF)

Aucune de ces dépenses ne peut être soustraite du chiffre d'affaires pour réduire la base de cotisations ou d'impôt. L'abattement forfaitaire est censé les couvrir forfaitairement, que les dépenses réelles soient inférieures ou très supérieures à cet abattement.

L'exception : les frais de débours

Une seule catégorie de dépenses peut être exclue du chiffre d'affaires imposable : les débours. Ce sont les sommes avancées par l'auto-entrepreneur pour le compte de son client, refacturées à l'euro près et documentées. Par exemple, un graphiste qui avance des frais d'impression pour son client peut facturer ces frais séparément, sans qu'ils entrent dans son CA imposable, à condition de conserver les justificatifs et de les facturer au franc le franc.

Attention à ne pas confondre débours et remboursement de frais. Les "remboursements de frais de déplacement" ajoutés à la facture entrent dans le CA imposable. Seule la refacturation exacte de sommes engagées pour le compte du client, sur présentation de justificatifs, peut bénéficier du régime des débours.

  1. Calculer ses charges réelles annuelles Lister toutes les dépenses professionnelles engagées dans l'année et calculer leur total.
  2. Comparer avec l'abattement forfaitaire Calculer le montant de l'abattement appliqué sur votre CA. Si vos charges réelles dépassent cet abattement, le régime réel devient potentiellement plus avantageux.
  3. Simuler le régime réel En régime réel (auto-entreprise non applicable, il faut basculer vers une autre forme), la base imposable est le CA diminué des charges réelles. L'impôt et les cotisations sont calculés sur ce résultat net.
  4. Evaluer le coût administratif Passer au régime réel implique la tenue d'une comptabilité complète et souvent l'aide d'un expert-comptable. Ce coût doit être intégré dans la comparaison.
  5. Prendre une décision éclairée Si les charges réelles sont nettement supérieures à l'abattement forfaitaire (cas fréquent pour les activités nécessitant beaucoup d'investissement ou de sous-traitance), changer de régime peut générer des économies significatives.
Cotisation Foncière des Entreprises (CFE)

Les auto-entrepreneurs sont redevables de la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) dès la deuxième année d'activité. Son montant dépend de la commune d'exercice et du chiffre d'affaires. Elle est exigible chaque année en décembre, indépendamment du résultat de l'activité. Ne pas l'anticiper peut créer une tension de trésorerie.

Attention à la TVA sur les achats

En franchise de TVA, non seulement les charges réelles ne sont pas déductibles fiscalement, mais la TVA payée sur les achats professionnels n'est pas récupérable non plus. Une imprimante achetée 600 euros TTC coûte réellement 600 euros, sans possibilité de récupérer les 100 euros de TVA inclus. C'est un coût caché du régime micro à intégrer dans toute décision d'investissement.

Questions fréquentes

Peut-on utiliser sa voiture personnelle et déduire les frais kilométriques en micro-entreprise ?

Non, pas en micro-entreprise. Les frais kilométriques ne sont pas déductibles dans ce régime, puisqu'aucune charge réelle n'est prise en compte. En régime réel (applicable en entreprise individuelle hors micro ou en société), le barème kilométrique de l'administration permet de déduire les frais de déplacement professionnels. C'est l'une des raisons pour lesquelles les auto-entrepreneurs avec de nombreux déplacements professionnels peuvent avoir intérêt à changer de régime.

Peut-on avoir une activité secondaire en micro-entreprise tout en étant salarié ?

Oui. Le cumul d'un emploi salarié et d'une micro-entreprise est autorisé, sous réserve de ne pas exercer une activité concurrente à celle de son employeur (clause de non-concurrence à vérifier dans son contrat) et d'en informer son employeur si le contrat l'exige. La micro-entreprise est imposée séparément selon le régime micro-fiscal.

Le versement libératoire de l'impôt change-t-il quelque chose à la déductibilité des charges ?

Non. Que l'on opte pour le versement libératoire de l'impôt (prélèvement d'un pourcentage du CA à chaque déclaration) ou que l'on soit imposé au barème progressif, la base de calcul reste le chiffre d'affaires après abattement forfaitaire. Aucune charge réelle n'est prise en compte dans les deux cas.

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