Accueillir des stagiaires et alternants boursiers : avantages et bonnes pratiques
Recruter un stagiaire ou un alternant est souvent la première étape de construction d'un vivier de talents pour une PME. Ces deux formes de collaboration avec des étudiants répondent à des logiques différentes : le stage est une période d'observation et de montée en compétences dans un contexte académique, l'alternance (apprentissage ou contrat de professionnalisation) est un contrat de travail qui lie l'étudiant à l'entreprise tout en maintenant une formation en CFA ou en école. Les règles, les avantages et les obligations sont très différents d'une formule à l'autre.
La gratification de stage est obligatoire au-delà de deux mois consécutifs et s'élève à 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale par heure, soit environ 4,35 euros par heure en 2025. Le contrat d'apprentissage donne droit à des exonérations de charges patronales totales jusqu'à 1 SMIC pour les entreprises de moins de 250 salariés. L'aide à l'embauche d'un apprenti est maintenue par l'État en 2025 à 6 000 euros pour la première année.
Le stage : le cadre légal et les obligations employeur
En France, le stage en entreprise est réglementé depuis la loi Cherpion de 2011 et ses évolutions successives. Il doit obligatoirement faire partie d'un cursus pédagogique validé par un établissement d'enseignement : pas de stage sans convention tripartite signée entre l'étudiant, l'école et l'entreprise. La convention de stage n'est pas un contrat de travail : le stagiaire n'est pas salarié, il n'est pas soumis au droit du travail dans sa dimension ordinaire, même s'il bénéficie de certaines protections (respect des horaires, accès au restaurant d'entreprise, remboursement des frais de déplacement).
La gratification devient obligatoire à partir de deux mois consécutifs de stage au sein d'une même entreprise. En 2025, le taux horaire minimal est de 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale (PHSS), soit environ 4,35 euros par heure pour une semaine de 35 heures, ce qui correspond a environ 670 euros par mois. Cette gratification est exonérée de cotisations sociales jusqu'à ce même seuil. Au-delà de ce plancher, vous pouvez augmenter librement la gratification, et les sommes versées au-delà du seuil sont soumises aux cotisations ordinaires.
La durée maximale d'un stage est de six mois par année d'enseignement. Un étudiant ne peut pas effectuer plus de six mois de stage dans la même entreprise au cours d'une année scolaire. Les stages chez le même employeur ne peuvent pas se succéder sans délai, sauf si la convention initiale le prévoit explicitement. Un stagiaire ne peut pas remplacer un salarié en congé ou en arrêt maladie, ni occuper un poste qui nécessite une permanence.
L'apprentissage : un vrai contrat de travail avec des avantages significatifs
Le contrat d'apprentissage est un contrat de travail à durée déterminée ou indéterminée (CDI après la réforme 2018). L'apprenti est salarié : il est soumis au code du travail, cotise aux organismes sociaux et perçoit un salaire calculé en pourcentage du SMIC selon son âge et son année d'alternance. En 2025, le salaire d'un apprenti de 18 ans en première année est d'environ 1 100 euros bruts, soit 883 euros nets environ.
Pour l'employeur, l'apprentissage ouvre des avantages considérables. Les entreprises de moins de 250 salariés bénéficient d'une exonération totale de cotisations patronales sur la rémunération de l'apprenti jusqu'à 79 % du SMIC. Au-delà, seules les cotisations sur la fraction supérieure sont dues. En pratique, pour les apprentis dont la rémunération ne dépasse pas ce seuil (la majorité en première et deuxième année), le coût pour l'employeur est quasi équivalent au net perçu par l'apprenti. L'aide unique à l'apprentissage de 6 000 euros pour la première année (sous conditions) s'ajoute à ces exonérations.
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Accueillir des étudiants boursiers : spécificités et pratiques
Un étudiant boursier du CROUS est un étudiant qui perçoit une aide de l'État sur critères sociaux. Pour l'entreprise, il n'y a pas de distinction juridique entre accueillir un boursier et un étudiant non boursier : la convention de stage, les droits et les obligations sont les mêmes. En revanche, certaines entreprises ont développé des politiques de diversité qui ciblent spécifiquement les étudiants boursiers, notamment dans les grandes écoles et les grandes entreprises (Sciences Po, Polytechnique, BNP Paribas, L'Oréal...).
Pour les PME qui veulent s'inscrire dans cette démarche, des partenariats avec des associations comme Article 1 (anciennement Passeport Avenir) ou les CROUS permettent d'identifier des profils boursiers motivées dans vos bassins de recrutement. La gratification de stage étant exonérée jusqu'au seuil minimal, accueillir un stagiaire boursier n'a pas d'impact supplémentaire sur les charges. L'avantage est surtout d'image et de diversité : ces profils apportent souvent une détermination et une résilience particulières.
Checklist avant d'accueillir un stagiaire ou un alternant
Vos questions
Peut-on transformer un stage en alternance puis en CDI ?
Oui, et c'est une pratique courante. Après un stage, l'étudiant peut être proposé en contrat d'apprentissage ou en contrat de professionnalisation pour la dernière année de ses études. À l'issue de cette alternance, une proposition de CDI peut suivre. Cette trajectoire en trois étapes (stage, alternance, CDI) est un pipeline de recrutement très efficace car l'entreprise connaît déjà le profil, et l'alternant connaît déjà l'entreprise et ses attentes.
Un stagiaire peut-il être compte dans les effectifs de l'entreprise ?
Non. Les stagiaires ne sont pas pris en compte dans le calcul des effectifs de l'entreprise, qui détermine les obligations sociales (comité social et économique à partir de 11 salariés, plan de développement des compétences obligatoire...). Les apprentis, en revanche, sont pris en compte dans les effectifs, mais font l'objet d'une neutralisation dans le calcul du franchissement de certains seuils (notamment le seuil de 11 et 50 salariés) pendant les cinq premières années d'embauche.
Quelles aides existent pour les entreprises qui embauchent des alternants en 2025 ?
L'aide unique à l'apprentissage (6 000 euros pour la première année de contrat) est maintenue en 2025 pour les entreprises de moins de 250 salariés recrutant un apprenti prépare un diplôme jusqu'au niveau bac+5. Les entreprises de plus de 250 salariés bénéficient d'une aide réduite et sous conditions de quota. Des aides supplémentaires existent dans certaines régions (notamment en Île-de-France, Grand Est, Auvergne-Rhône-Alpes) pour encourager l'apprentissage dans les PME. Consultez le portail alternance.emploi.gouv.fr pour une simulation.
Stagaires et alternants sont un investissement à faible coût financier et à fort potentiel de retour sur investissement pour une PME. Le vrai coût n'est pas la rémunération mais le temps d'encadrement que vous y consacrez. Un tuteur investi, une fiche de mission claire et un plan de progression structuré transforment un alternant en collaborateur opérationnel qui connaît votre entreprise mieux que tout autre recrutement externe. C'est ce pipeline qui fait la force des ETI qui ont su construire une culture de l'alternance.
Service Public - Stage en entreprise : obligations et gratification 2025 : https://www.service-public.fr
Alternance.emploi.gouv.fr - Aides aux employeurs 2025 : https://www.alternance.emploi.gouv.fr
CROUS - Bourses sur critères sociaux 2025-2026 : https://www.messervices.étudiant.gouv.fr