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Fixer son TJM de freelance : méthode et simulateur

Freelance calculant son taux journalier moyen sur un ordinateur portable à son bureau

Se lancer en freelance, c'est gagner sa liberté, mais c'est aussi devoir répondre à une question redoutable dès le premier client : combien je facture ? Beaucoup d'indépendants débutants commettent la même erreur : ils prennent leur ancien salaire, le divisent par le nombre de jours travaillés, et annoncent ce tarif. Résultat, ils se retrouvent à gagner bien moins qu'avant tout en travaillant davantage. Fixer son taux journalier moyen, le fameux TJM, demande de raisonner comme un chef d'entreprise, pas comme un salarié. Voici la méthode pour ne pas se sous-vendre.

L'essentiel

Le TJM ne se déduit pas d'un salaire visé divisé par 220 jours. Il faut partir du revenu net souhaité, le majorer des charges sociales et fiscales, ajouter les frais professionnels, puis diviser par le nombre de jours réellement facturables dans l'année, toujours bien inférieur au nombre de jours ouvrés. Un freelance ne facture en moyenne que 130 à 180 jours par an, le reste étant consacré à la prospection, l'administratif, la formation et les congés.

Pourquoi un salaire ne se convertit pas en TJM

Quand vous étiez salarié, votre employeur supportait une multitude de coûts invisibles : charges patronales, congés payés, mutuelle, formation, matériel, locaux, jours sans mission facturable. En devenant freelance, tous ces coûts retombent sur vous. Votre TJM doit donc couvrir bien plus que votre rémunération : il finance votre protection sociale, vos outils, vos temps morts et votre développement. C'est pour cela qu'un TJM qui semble élevé au premier abord correspond souvent à un revenu net comparable, voire inférieur, à un salaire modeste.

L'autre piège est de surestimer le nombre de jours facturables. Sur 365 jours, retirez les week-ends, les congés, les jours fériés, et vous tombez déjà autour de 220 jours ouvrés. Mais tous ne seront pas vendus : il faut prospecter, répondre aux appels d'offres, gérer la comptabilité, se former, et accepter des périodes creuses entre deux missions. Un taux d'occupation de 70 % est déjà confortable la première année. Diviser votre objectif de revenu par un nombre de jours réaliste, et non théorique, change radicalement le TJM obtenu.

Calculez votre TJM cible

À partir du revenu net mensuel souhaité. Le taux de charges dépend de votre statut (micro, EURL, portage…).

Du TJM plancher au TJM de marché

Le simulateur vous donne un TJM plancher : celui en dessous duquel vous travaillez à perte au regard de vos objectifs. Mais le prix réel se fixe aussi en fonction du marché et de la valeur perçue. Un développeur expérimenté sur une technologie rare, un consultant qui fait gagner des centaines de milliers d'euros à son client, ne facturent pas au coût : ils facturent à la valeur créée. À l'inverse, sur un marché très concurrentiel, votre plancher peut se révéler supérieur au prix que les clients acceptent, signe qu'il faut monter en compétence ou changer de positionnement.

La bonne pratique consiste à connaître les fourchettes de votre secteur, puis à vous situer en fonction de votre expérience, de votre spécialisation et de vos résultats. Mieux vaut afficher un TJM ambitieux et l'assumer que de casser les prix : un tarif trop bas envoie un signal de faible valeur et attire des clients difficiles. Augmenter progressivement son TJM mission après mission, en s'appuyant sur les résultats obtenus, est l'un des leviers les plus puissants de revenu pour un indépendant.

Pensez aussi à différencier votre TJM selon le type d'engagement. Une mission longue et confortable, qui sécurise plusieurs mois de votre planning, peut justifier un tarif légèrement inférieur à une intervention courte et urgente, qui désorganise votre agenda et mérite une prime. De même, un client exigeant en disponibilité, en réunions et en allers-retours coûte davantage de votre temps réel qu'il n'y paraît : intégrez ce temps invisible dans votre prix plutôt que de le subir. Le TJM n'est pas un chiffre unique gravé dans le marbre, mais une grille que vous adaptez en gardant toujours votre plancher comme garde-fou.

Point de vigilance

Ne confondez jamais TJM et revenu. Un TJM de 500 euros ne signifie pas 500 euros dans votre poche : après charges, frais et jours non facturés, le net réel est bien moindre. Raisonnez toujours en revenu net annuel effectivement encaissé, et révisez votre TJM chaque année en fonction de votre taux d'occupation réel et de l'évolution de vos charges.

Vos questions

Combien de jours peut-on réellement facturer par an ?

Rarement plus de 180, souvent autour de 130 à 160 les premières années. Sur 220 jours ouvrés, il faut retirer la prospection, l'administratif, la formation et les intermissions. Un taux d'occupation de 70 à 80 % est un bon objectif une fois l'activité établie ; au démarrage, prévoyez plus prudent.

Faut-il afficher son TJM ou le négocier au cas par cas ?

Avoir un TJM de référence clair vous évite d'improviser et de vous brader. Vous pouvez l'ajuster selon la durée de la mission, l'intérêt du projet ou le volume, mais en partant toujours d'un plancher connu. Annoncer un prix avec assurance, sans vous justifier longuement, renforce votre crédibilité face au client.

Le statut juridique change-t-il le TJM ?

Il change surtout le taux de charges à intégrer, donc le TJM plancher pour un même revenu net. La micro-entreprise a des charges plus légères mais des plafonds de chiffre d'affaires et une absence de déduction des frais ; une société permet de déduire les frais et d'optimiser la rémunération, au prix d'une gestion plus lourde. Le choix du statut et le calcul du TJM vont de pair.

Fixer son TJM, c'est se respecter en tant que chef d'entreprise. Un tarif construit sur des chiffres réels, et non sur une simple conversion de salaire, protège votre rentabilité et votre énergie. Reprenez ce calcul chaque année, confrontez-le au marché, et n'ayez pas peur d'augmenter : votre valeur croît avec votre expérience, votre prix doit suivre.

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