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Les risques en entreprise : comment les éviter ?

Les risques en entreprise : comment les éviter ?

En bref : Les entreprises françaises perdent en moyenne 5 à 10 % de leur chiffre d'affaires à cause de risques non maîtrisés (accidents du travail, fraude interne, cyberattaques, défaillances de fournisseurs). L'obligation légale de l'employeur est de transcrire dans le Document Unique d'Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) tous les risques identifiés et les mesures de prévention associées. La mise à jour du DUERP est obligatoire chaque année et à chaque changement significatif de l'activité.

Aucune entreprise ne fonctionne sans risques, et personne ne les élimine tous. Le travail consiste à les identifier, les évaluer, les classer, puis à prendre des mesures proportionnées pour réduire leur probabilité et leurs conséquences. Bien menée, la démarche protège les salariés, sécurise l'activité et rassure autant les clients que les assureurs. Mal menée, elle produit du papier que personne ne relit.

Tout commence par une cartographie des risques

Avant d'agir, il faut identifier. La cartographie des risques consiste à lister l'ensemble des événements indésirables susceptibles d'affecter l'entreprise, à les évaluer selon deux dimensions (probabilité d'occurrence et gravité des conséquences) et à les prioriser pour concentrer les efforts de prévention là où l'exposition est la plus forte. Ils se regroupent en quatre familles. Les risques liés aux personnes, avec les accidents du travail, les troubles musculosquelettiques et les risques psychosociaux. Les risques opérationnels, panne d'équipement, défaillance d'un fournisseur ou erreur de procédure. Les risques financiers, impayés clients, fraude ou variation de change. Et les risques informatiques, cyberattaque, perte de données ou systèmes indisponibles.

Ce que la loi impose en matière de prévention

L'employeur a une obligation légale de résultat en matière de santé et sécurité au travail (article L4121-1 du Code du travail). Il doit évaluer les risques, les transcrire dans le DUERP, mettre en place des mesures de prévention et informer et former les salariés. Les prestataires spécialisés comme Securinorme accompagnent les entreprises dans la mise en conformité réglementaire, l'élaboration du DUERP et la mise en place de plans de prévention adaptés aux risques spécifiques de leur activité.

Le Code du travail fixe des principes généraux de prévention, et ils sont classés par ordre de priorité. D'abord éviter les risques, en supprimant le danger à la source. Ensuite évaluer ceux qui ne peuvent pas être évités. Puis les combattre à la source plutôt qu'au niveau de l'exposition. Vient après l'adaptation du travail à l'homme, par l'ergonomie et l'organisation. La formation et l'information des travailleurs ferment la marche, et cet ordre compte, parce que la formation est le dernier rempart, jamais le premier.

La gestion des risques financiers

Les risques financiers menacent la pérennité de l'entreprise au même titre que les risques opérationnels. Le risque clients (impayés, défaillance d'un client qui représente une part importante du CA) se gère par la diversification du portefeuille clients, le recours à l'assurance-crédit et la mise en place de procédures de recouvrement dès les premiers jours de retard. Le risque de trésorerie (décalage entre les encaissements et les décaissements) se prévient par une projection de trésorerie à 13 semaines glissantes, qui permet d'anticiper les tensions et d'activer les leviers de financement (ligne de crédit court terme, affacturage) avant d'être en difficulté.

Type de risqueOutils de préventionEn cas d'incident
Accidents du travailDUERP, formations sécurité, EPIDéclaration AT, analyse causes, mesures correctives
Cyberattaque / ransomwarePare-feu, backups, MFA, formationsPRA (Plan de Reprise d'Activité)
Défaillance fournisseurDouble sourcing, stocks tamponsActivation fournisseur alternatif
Impayé clientAssurance-crédit, conditions paiementMise en demeure, recouvrement amiable
Incendie / sinistreExtincteurs, alarmes, assurance MRPDéclaration assurance, plan de continuité

Les risques psychosociaux restent largement sous-estimés

Le burn-out, le harcèlement moral ou sexuel et les conflits répétés qu'on laisse pourrir coûtent très cher, en absentéisme, en départs, en productivité perdue et en contentieux. Ces risques-là se détectent tard, parce que les signaux sont invisibles ou tabous, alors qu'un risque physique se voit. Quelques indicateurs suffisent pourtant à repérer les zones de tension à temps, le suivi de l'absentéisme de courte durée, un baromètre d'engagement anonyme et des entretiens individuels tenus régulièrement.

Questions fréquentes sur la gestion des risques en entreprise

Le DUERP est-il obligatoire pour toutes les entreprises ?

Oui, dès le premier salarié. Toute entreprise employant au moins un salarié est dans l'obligation légale de tenir un DUERP à jour. L'absence de DUERP constitue une infraction passible de pénalités, et en cas d'accident du travail grave sans DUERP, la responsabilité pénale du dirigeant peut être engagée.

Faut-il faire appel à un consultant externe pour gérer les risques ?

Pas nécessairement. Les CARSAT (Caisses d'Assurance Retraite et de Santé au Travail) et les ARACT (Agences Régionales pour l'Amélioration des Conditions de Travail) proposent des accompagnements gratuits ou subventionnés aux PME. Pour les risques spécifiques à un secteur ou complexes (chimique, nucléaire, BTP), faire appel à un cabinet spécialisé apporte une valeur réelle.

Ressource gratuite : L'INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) met à disposition gratuitement des outils d'évaluation des risques par secteur d'activité (outil OiRA) sur son site inrs.fr. Ces outils guidés permettent même à un dirigeant sans expertise prévention d'identifier les risques prioritaires de son activité et de générer automatiquement un plan d'action documenté, utilisable comme base pour compléter le DUERP.

La gestion des risques se tient dans la durée, pas une fois par an. L'exposition bouge avec l'activité, à chaque nouveau poste de travail, chaque nouvelle machine, chaque changement de fournisseur ou chaque réorganisation, et le DUERP suit. Désigner un référent sécurité en interne, même à temps partiel dans une petite structure, donne un nom à cette vigilance et permet d'organiser les formations réglementaires poste par poste.

Reprendre la cartographie chaque année finit par payer. En y associant les managers de proximité, qui voient les signaux faibles bien avant la direction, l'entreprise installe une culture de prévention qui fait baisser durablement la fréquence et la gravité des incidents. Dans les secteurs où un accident du travail ou une défaillance opérationnelle se voient immédiatement chez le client, cela vaut mieux qu'un argument commercial.

Sources : l'aide-mémoire juridique « Hygiène et sécurité » de l'INRS, les travaux de l'ANACT sur les risques psychosociaux en entreprise, et les pages du ministère du Travail consacrées au document unique d'évaluation des risques.

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