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Quelles sont les principales échéances fiscales d’une société ?

Échéances fiscales société

Gérer les échéances fiscales d'une société demande une organisation rigoureuse tout au long de l'année. Entre les acomptes d'impôt sur les sociétés, les déclarations de TVA, la Cotisation Foncière des Entreprises et le dépôt de la liasse fiscale, le calendrier est dense. Manquer une échéance expose à des majorations, des pénalités et parfois à un contrôle fiscal. Avoir une vision globale de toutes ces obligations est la condition première pour les respecter.

A retenir

  • Les 4 acomptes d'IS sont versés en mars, juin, septembre et décembre (pour les sociétés à exercice calendaire).
  • La déclaration de résultats (liasse fiscale) doit être déposée dans les 3 mois suivant la clôture de l'exercice.
  • La TVA est déclarée mensuellement ou trimestriellement selon le régime choisi.

L'impôt sur les sociétés : acomptes et solde

L'impôt sur les sociétés (IS) est prélevé en quatre acomptes trimestriels, puis une régularisation finale lors du dépôt de la déclaration de résultats. Ce système de paiement fractionné permet à l'Etat de lisser les rentrées fiscales et exige des entreprises qu'elles provisionnent régulièrement.

Pour une société dont l'exercice correspond à l'année civile (clôture au 31 décembre), les quatre acomptes sont versés aux dates suivantes : le 15 mars, le 15 juin, le 15 septembre et le 15 décembre. Chaque acompte représente en principe un quart de l'IS de l'exercice précédent (N-1). Si le résultat de N est très différent de N-1, des ajustements peuvent être effectués lors du dernier ou des deux derniers acomptes.

Le solde de l'IS est versé lors du dépôt de la déclaration de résultats, au plus tard le 15 du quatrième mois suivant la clôture. Pour une clôture au 31 décembre, la date limite de dépôt est le 15 avril de l'année suivante (avec une tolérance pour les transmissions électroniques).

ObligationEchéance (exercice calendaire)Sanction en cas de retard
1er acompte IS15 mars NIntérêts de retard (0,20 %/mois) + majoration 5 %
2e acompte IS15 juin NIntérêts de retard + majoration 5 %
3e acompte IS15 septembre NIntérêts de retard + majoration 5 %
4e acompte IS15 décembre NIntérêts de retard + majoration 5 %
Liasse fiscale + solde IS15 avril N+1Majoration de 10 % si dépôt tardif
Déclaration TVA mensuelleEntre le 15 et le 24 du mois suivantPénalité 5 % + intérêts de retard
CFE15 décembreMajoration 10 % + intérêts de retard

La TVA : mensuelle ou trimestrielle

Toute société assujettie à la TVA doit déclarer et reverser régulièrement la taxe collectée sur ses ventes, nette de la TVA déductible sur ses achats. Le régime de déclaration dépend du chiffre d'affaires et du régime TVA choisi.

Les sociétés soumises au régime réel normal (CA annuel supérieur à 840 000 euros pour les prestations de services ou 254 000 euros pour les livraisons de biens en 2025, ou option volontaire) déclarent et versent la TVA chaque mois. Le dépôt de la déclaration CA3 intervient selon un calendrier précis défini par le service des impôts des entreprises (SIE) dont dépend la société.

Les sociétés au régime réel simplifié déclarent deux fois par an des acomptes de TVA (en juillet et décembre) puis une déclaration annuelle (CA12). Ce régime allège la charge administrative mais présente un risque de trésorerie si les acomptes sont sous-estimés.

La liasse fiscale : le rendez-vous annuel central

La liasse fiscale est l'ensemble des documents comptables et fiscaux que la société doit déposer auprès de l'administration à la clôture de chaque exercice. Elle comprend la déclaration de résultats (formulaire 2065 pour les sociétés soumises à l'IS), les tableaux détaillés annexes, et les états financiers (bilan, compte de résultat, annexe).

Pour les sociétés à exercice calendaire, le dépôt doit intervenir dans les 3 mois suivant la clôture, soit avant le 15 mai en principe, avec la possibilité d'un délai supplémentaire accordé aux sociétés qui déposent par voie dématérialisée.

La liasse fiscale est le document de référence à partir duquel l'administration calcule l'IS dû, vérifie les éventuels crédits d'impôt et identifie les anomalies susceptibles de déclencher un contrôle fiscal. La précision et la cohérence de ce document sont essentielles.

  1. Mettre en place un calendrier fiscal partagé Créer un agenda commun entre le dirigeant et l'expert-comptable, avec toutes les échéances de l'année, des alertes 2 semaines avant chaque date limite.
  2. Clôturer les comptes le plus tôt possible Ne pas attendre la date limite pour finaliser les écritures de clôture. Avoir des comptes provisoires disponibles dès janvier permet d'anticiper les acomptes IS et de préparer la liasse.
  3. Vérifier les acomptes IS en cours d'année Si le résultat de l'exercice en cours est significativement différent de N-1, moduler les acomptes en conséquence pour éviter une sur-provision (ou sous-provision) importante.
  4. Anticiper la CFE La cotisation foncière des entreprises est exigible en décembre. Son montant est fixé par l'administration mais doit être provisionné dès le début de l'année dans la trésorerie.
  5. Vérifier les crédits d'impôt CIR, CII, crédit d'impôt apprentissage : ces mécanismes réduisent l'IS à payer. Identifier en début d'exercice ceux auxquels la société est éligible et les documenter au fil de l'année.
Taxe sur les salaires : une obligation méconnue

Les sociétés non assujetties à la TVA (ou partiellement assujetties) sont redevables de la taxe sur les salaires, calculée sur les rémunérations versées aux salariés. Son montant dépend de la proportion d'activité non soumise à la TVA et du niveau des salaires. Elle est souvent ignorée par les jeunes entreprises qui évoluent hors du champ de la TVA.

Premier exercice : acomptes IS à calculer avec soin

Pour une société en première année d'activité, aucun historique de résultat ne permet de calculer les acomptes IS sur la base de N-1. L'entreprise doit estimer son propre résultat prévisionnel et en déduire les acomptes à verser. Une sous-estimation délibérée et manifeste peut entraîner des majorations lors de la régularisation finale.

Questions fréquentes

Une société déficitaire est-elle dispensée de verser des acomptes IS ?

Oui, si le résultat fiscal de l'exercice précédent était nul ou déficitaire, aucun acompte n'est dû pour l'exercice suivant. En revanche, si la société redevient bénéficiaire en cours d'exercice, elle doit verser les acomptes correspondants lors des prochaines échéances. La vigilance sur l'évolution du résultat en cours d'année reste nécessaire.

Que se passe-t-il si une échéance fiscale tombe un jour férié ou un week-end ?

Si la date limite tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, l'échéance est reportée au premier jour ouvré suivant. Cette règle s'applique à la plupart des obligations fiscales. Elle ne prolonge pas les délais pour autant : c'est simplement un ajustement technique du calendrier officiel.

Peut-on demander un délai de paiement à l'administration fiscale ?

Oui, en contactant son Service des Impôts des Entreprises (SIE) avant l'échéance, en expliquant la situation et en proposant un plan d'échelonnement. L'administration accorde parfois des délais pour des entreprises qui rencontrent des difficultés passagères et qui prouvent leur bonne foi par une communication transparente. Il vaut mieux demander avant l'échéance que de ne pas payer sans explication.

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