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Transaction services et due diligence : ce que les PME doivent savoir en M&A

Équipe d'audit financier examinant des documents comptables lors d'une due diligence

Quand une PME ou une ETI est sur le point d'être achetée ou de faire elle-même une acquisition, une étape incontournable s'impose : la due diligence (diligence raisonnable, ou audit d'acquisition). Cette phase d'investigation permet à l'acquéreur potentiel de vérifier que ce qu'il s'apprête à acheter correspond bien à ce que le vendeur lui a présenté. Pour le vendeur, bien préparer sa due diligence est tout aussi important : des surprises négatives découverts pendant la due diligence peuvent faire capoter la transaction, renégocier le prix à la baisse ou conduire à des représentations et warranties très défavorables dans le contrat de cession.

L'essentiel

La due diligence comporte généralement quatre volets : financier et comptable (transaction services), légal et contrats, ressources humaines, et technologie/IT. Dans les PME industrielles, une due diligence environnementale peut s'ajouter. Le coût total d'une due diligence pour une PME d'une valeur de 5 à 20 millions d'euros varie généralement entre 50 000 et 150 000 euros selon la complexité de l'entité et le nombre de volets investigués. Ce coût est généralement supporté par l'acquéreur.

Le transaction services : le volet financier de la due diligence

Le transaction services (TS) est le nom donné aux missions d'audit d'acquisition réalisés par les grands cabinets comptables (Big Four, BDO, Grant Thornton, Mazars) et certains cabinets spécialisés en M&A. Le volet TS d'une due diligence examine en profondeur la qualité des comptes historiques, la soutenabilité des performances passées et les risques financiers et comptables de l'entité cible. L'objectif est de confirmer ou d'infirmer les représentations financières du vendeur et d'identifier les éléments qui pourraient affecter le prix ou les conditions de la transaction.

La mission de TS comprend généralement une analyse de la qualité des revenus (les revenus sont-ils récurrents ou one-shot ? Comment évoluent-ils sur les trois à cinq dernières années ?), une analyse de la normalisation de l'EBITDA (identification et retraitement des éléments exceptionnels, non-récurrents ou liés au comportement spécifique du vendeur : loyer sous-marché facturé à lui-même, rémunération anormalement élevée ou basse du dirigeant, économies de coût non pérennes), une analyse du besoin en fonds de roulement (BFR) normalisé, et une analyse de la dette financière nette. Ces éléments sont directement utilisés dans la négociation du prix (mécanisme de locked-box ou completion accounts).

La due diligence légale : les contrats, les litiges et la propriété intellectuelle

La due diligence légale est réalisée par des avocats spécialisés en M&A. Elle examine les contrats structurants de l'entreprise (baux commerciaux, contrats clients importants, contrats fournisseurs, crédit-bail, emprunts bancaires), les risques de contentieux (litiges en cours, litiges potentiels, réclamations de tiers), la propriété intellectuelle (marques déposées, brevets, logiciels développés en interne : qui en est propriétaire ?), la conformité réglementaire (autorisations, licences, certifications) et les aspects droit du travail (conflits syndicaux, accords collectifs, représentants du personnel).

La due diligence légale est souvent source des surprises les plus désagréables dans les transactions PME. Des baux commerciaux qui ne sont pas au nom de l'entité vendue, des contrats clients sans clause de changement de contrôle qui pourraient être résiliés par le client après la cession, des litiges salariaux en cours non provisionnés, ou des marques non déposées correctement sont des examples fréquents de risques identifiés en DD légale. Ces éléments conduisent soit à une renégociation du prix (sous forme d'une provision ou d'une escrow), soit à des représentations et warranties (R&W) du vendeur qui le tiennent garant de l'exactitude de ses déclarations.

Se préparer à une due diligence côté vendeur

La data room : organiser l'information pour la due diligence

La data room virtuelle (VDR) est l'espace de partage sécurisé où le vendeur met à disposition de l'acquéreur et de ses conseils tous les documents nécessaires à la due diligence. Les principales plateformes de VDR utilisées dans les transactions M&A PME sont Intralinks, Merrill DataSite, Ansarada, Brainware et Imprima. Ces plateformes permettent de contrôler qui accédé à quels documents, de tracer les consultations, de gérer les droits d'accès par profil et de faciliter la communication via des Q&A (questions-réponses formalisés).

La structuration de la data room est en elle-même un exercice important. Une data room bien organisée et complète réduit la durée de la due diligence, limite les demandes d'informations supplémentaires (qui prennent du temps et peuvent indiquer que le vendeur cache quelque chose) et inspire confiance à l'acquéreur. Des sections standard d'une data room M&A incluent : informations d'entreprise (statuts, K-bis, actionnariat), aspects financiers (comptes historiques, budget, banques), aspects légaux et contractuels, aspects RH (organigramme, contrats clés), propriété intellectuelle, conformité et assurances, et litiges.

Vos questions

Combien de temps dure une due diligence pour une PME ?

La durée d'une due diligence varie selon la complexité de l'entité et la qualité de préparation du vendeur. Pour une PME simple avec une activité homogène et des comptes bien tenus, une DD peut se faire en deux à quatre semaines. Pour une ETI avec plusieurs entités, une activité internationale ou des problématiques complexes (stocks, travaux en cours, passifs environnementaux), la DD peut prendre six à huit semaines. Le calendrier est généralement contractuellement encadré dans une letter of intent (LOI) ou un mémorandum of understanding (MOU).

Le vendeur doit-il supporter le coût de la due diligence de l'acquéreur ?

Non, en règle générale. Le coût des conseils de l'acquéreur (auditeurs de transaction services, avocats M&A, conseillers financiers) est supporté par l'acquéreur. Le coût des conseils du vendeur (son propre banker M&A, ses avocats pour la négociation du contrat de cession, une vendor due diligence éventuellement commandée par le vendeur) est supporté par le vendeur. Dans certaines transactions, le vendeur commande lui-même une vendor due diligence (VDD) qu'il met à disposition des acquéreurs potentiels, ce qui accélère le processus pour tous.

Qu'est-ce qu'une représentation et warranty et pourquoi est-elle importante ?

Une représentation and warranty (R&W) est une déclaration contractuelle du vendeur par laquelle il affirme l'exactitude de certaines informations sur la société vendue. Si une déclaration s'avéré inexacte après la cession, le vendeur peut être tenu de compenser l'acquéreur pour le préjudice subi. Les R&W portent généralement sur les aspects financiers, légaux, fiscaux, sociaux et de propriété intellectuelle. Elles peuvent être couvertes par une assurance W&I (Warranty & Indemnity insurance), qui permet au vendeur de recevoir le prix de vente intégral tout en offrant à l'acquéreur une protection sans avoir à se retourner contre le vendeur individuellement.

La due diligence est un investissement indispensable dans tout processus d'acquisition ou de cession. Pour l'acquéreur, elle permet de valider les hypothèses d'investissement et d'identifier les risques avant de s'engager définitivement. Pour le vendeur, se préparer sérieusement à la due diligence est aussi important que de trouver le bon acquéreur : une DD bien préparée accélère le processus, renforce la confiance de l'acquéreur et réduit le risque de renégociation de prix ou de clause restrictive en fin de processus.

Sources

AFIC Association Française des Investisseurs pour la Croissance - Guide du M&A PME 2025 : https://www.france-invest.fr

Deloitte - M&A Trends Survey 2025 : https://www.deloitte.com

PWC - Due diligence PME : bonnes pratiques 2025 : https://www.pwc.fr

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