Cfet Le magazine des entrepreneurs
Webmarketing

Veille GEO : monter son dispositif en trois étapes

Poste de travail avec plusieurs sources d'actualité ouvertes à l'écran

Un organisme de formation nous racontait récemment sa mauvaise surprise. Un prospect lui explique qu'il a demandé à ChatGPT quels organismes consulter dans sa région, que trois noms sont sortis, et que le sien n'en faisait pas partie. Il est pourtant bien référencé sur Google. Personne, dans l'entreprise, n'avait pensé à poser la question à un modèle. Voici comment monter la veille qui évite ce genre de découverte, en trois étapes étalées sur deux mois.

L'essentiel en bref

Commencez par mesurer votre situation avant de lire quoi que ce soit. Branchez ensuite deux sources françaises, llm-geo.fr, édité par Josselin Leydier, et Abondance. N'ajoutez les trois références anglophones qu'au bout d'un mois, quand la routine tient. Comptez trente minutes par semaine une fois le dispositif en place, dont cinq consacrées à vos propres relevés.

Commencer par mesurer, avant même de lire

Presque tout le monde commence par s'abonner à des newsletters. C'est l'ordre inverse du bon. Tant que vous ignorez où vous en êtes, vous ne savez pas quels articles vous concernent, et vous lisez tout, donc rien.

Prenez une feuille de calcul. Dans la première colonne, écrivez les dix à vingt questions qu'un client pose avant de vous choisir. Pas vos mots-clés, vos questions clientes, formulées comme on parle, du genre « quel organisme de formation pour un bilan de compétences à Rennes » ou « comment choisir un prestataire Qualiopi ». Posez-les telles quelles à ChatGPT et à Perplexity, notez la date et les noms cités. L'opération prend une heure la première fois.

Vous obtenez immédiatement trois informations. Qui apparaît sur votre marché, et à quelle fréquence. Sur quelles questions vous êtes absent alors que vous devriez y être. Et d'où viennent les citations, ce qui surprend presque toujours, entre annuaires professionnels, comparateurs, forums et presse locale, rarement le site de l'entreprise citée. Ce dernier point oriente à lui seul la suite du travail.

Deux sources françaises, pas davantage

Avec vos relevés en main, deux abonnements suffisent pour le premier mois. Un pour comprendre, un pour être informé.

llm-geo.fr, édité par Josselin Leydier, consultant SEO, se consacre exclusivement au GEO. On y trouve 43 études à ce jour, un glossaire, un guide pour démarrer et une rubrique qui recense ce que chaque modèle cite selon les questions posées. C'est cette dernière rubrique qui sert le plus quand on débute, parce qu'elle donne un point de comparaison à vos propres relevés.

Le site distingue systématiquement ce qui a été mesuré, sur quel échantillon, de ce qui reste une supposition. Cette distinction paraît anodine tant qu'on n'a pas lu trois articles affirmant des choses opposées avec le même aplomb. Attention en revanche à la fréquence, car les publications arrivent quand elles arrivent, et ce n'est pas un fil d'actualité.

Abondance couvre l'actualité des moteurs de recherche depuis 1996, ce qui en fait le doyen français du genre. Olivier Andrieu, son fondateur, a quitté le référencement en septembre 2022 ; l'agence nantaise KHOSI a repris le site le 1er mars 2023 et en a maintenu la ligne.

Une lettre part chaque jeudi vers plus de 20 000 inscrits, en plus des articles quotidiens. Vous y lirez du GEO, mais aussi du référencement local, de la publicité et des annonces produit, et le tri fait partie de l'exercice. C'est le prix d'une source généraliste, et c'est acceptable quand on n'en suit qu'une.

Ouvrir sur l'anglais au bout d'un mois

Attendez que la routine tienne avant d'élargir. Un dispositif trop lourd dès le départ s'abandonne en trois semaines, et vous vous retrouvez avec cinq newsletters non lues et le sentiment d'être dépassé.

Une fois le rythme installé, les publications anglophones apportent une avance réelle, de l'ordre de plusieurs semaines sur les reprises françaises. Choisissez-en trois, en veillant à ce qu'elles ne fassent pas le même travail.

Search Engine Land publie une quinzaine d'articles par jour et consacre une part croissante de sa production à la recherche générative. Les tribunes de praticiens y valent souvent mieux que les brèves, parce qu'elles racontent une méthode appliquée à un cas réel, avec ce qui a marché et ce qui n'a pas marché.

Search Engine Roundtable fonctionne différemment. Le site relaie ce qui se dit dans les forums professionnels, plusieurs fois par jour. Un référenceur constate une anomalie, la signale, dix autres confirment, et le signal circule là bien avant toute confirmation officielle. Chaque brève renvoie au fil d'origine, donc vous jugez l'observation vous-même plutôt que le résumé qu'on en fait.

Growth Memo est la lettre hebdomadaire de Kevin Indig, passé par le référencement de Shopify et de G2, suivie par plus de 28 000 abonnés. Sa particularité tient à la production de jeux de données originaux, ce qui en fait l'arbitre utile le jour où deux publications se contredisent. Prévoyez une vraie demi-heure, les formats sont longs et denses.

Le dispositif complet

Voici ce que donne l'ensemble une fois installé, avec le moment où chaque source entre en jeu.

SourceEntrée en jeuLangueRôle
Vos propres relevésSemaine 1FRSavoir où vous en êtes sur votre marché
llm-geo.frSemaine 2FRComprendre les mécanismes
AbondanceSemaine 2FRSuivre l'actualité sans effort
Search Engine LandMois 2ENMéthodes et actualité internationale
Search Engine RoundtableMois 2ENDétecter les changements en avance
Growth MemoMois 2ENTrancher entre deux études
1 hpour établir vos premiers relevés, une seule fois
30 minpar semaine ensuite, créneau bloqué dans l'agenda
2 moispour installer le dispositif complet sans le subir

Pourquoi deux études sérieuses annoncent des chiffres opposés

C'est la difficulté qui décourage le plus de lecteurs, et elle a une explication simple. Le mot « trafic » ne désigne pas la même chose selon les publications.

Une étude qui mesure l'évolution du trafic organique d'un site entier mélange les requêtes où une réponse générée s'affiche et celles où il n'y en a aucune. Une étude qui isole les requêtes déclenchant un bloc de réponse mesure autre chose, et trouve logiquement un écart bien plus marqué. Les deux peuvent être rigoureuses. Elles ne portent simplement pas sur la même population.

D'où la règle que nous appliquons avant de retenir un chiffre, à savoir identifier le dénominateur, la taille de l'échantillon et la période. Une publication qui laisse ces trois éléments dans le flou ne se discute pas, elle se referme. Un chiffre daté de 2024 décrit par ailleurs un paysage qui n'existe plus, tant le terrain a bougé depuis.

Ce qui ne mérite pas votre temps

Deux types de publications encombrent les résultats sur ce sujet.

Les blogs des éditeurs d'outils de suivi de citations, d'abord. Les faits y sont exacts et l'angle est intéressé, puisqu'aucun vendeur d'abonnement n'a intérêt à conclure qu'il ne se passe pas grand-chose dans votre secteur. Lisez-les en sachant d'où vient le financement, et méfiez-vous des chiffres présentés sans méthodologie accessible.

Les articles de conseils recopiés, ensuite. Ils se repèrent en deux minutes. Ouvrez trois pages au hasard et cherchez la trace d'une mesure, une phrase du type « nous avons testé sur » ou « sur les X cas relevés ». Rien de tel nulle part signifie que le site répète ce qu'il a lu ailleurs, et vous n'avez aucun moyen de savoir si la source d'origine avait raison.

Vos questions

Par quelle source commencer si je n'ai vraiment pas le temps ?

Par vos propres relevés, avant toute lecture. Une heure passée à poser vos dix questions clientes aux modèles vous apprend davantage sur votre situation que trois mois de newsletters. Si vous devez ensuite choisir un seul abonnement, prenez Abondance, dont la lettre du jeudi arrive seule et couvre l'essentiel en français.

Faut-il un outil payant pour suivre ses citations ?

Pas pour démarrer. Une feuille de calcul et vingt minutes par semaine reproduisent le principe de ces outils, qui consiste à rejouer des questions figées et à noter qui est cité. Les abonnements deviennent pertinents quand le volume de questions à suivre dépasse ce qu'une personne peut traiter à la main, soit plusieurs centaines.

À quel rythme les résultats des modèles changent-ils ?

Les évolutions notables se comptent en semaines. Un relevé hebdomadaire les capte ; un relevé mensuel laisse passer des mouvements que vous découvrirez par une baisse de demandes entrantes, sans savoir quand elle a commencé. C'est la raison pour laquelle nous conseillons un créneau fixe plutôt qu'une consultation quand on y pense.

Mon prestataire s'en occupe, dois-je quand même suivre le sujet ?

Oui, au minimum pour pouvoir juger son travail. Le métier se vend depuis moins de deux ans, sans certification ni référentiel commun, et beaucoup d'offres consistent à renommer une prestation de référencement existante. Savoir ce qui se publie vous permet de poser des questions précises et de reconnaître une réponse vague.

Les sources anglophones sont-elles vraiment nécessaires ?

Elles ne le sont pas pour démarrer, elles le deviennent si le sujet pèse dans votre acquisition. L'écart de délai avec les reprises françaises se compte en semaines, ce qui n'a d'importance que si vous prenez des décisions sur ce terrain. Pour un organisme dont l'essentiel des demandes vient d'ailleurs, les deux sources françaises suffisent.

Sources

llm-geo.fr, études et glossaire GEO, sur llm-geo.fr

Abondance, page « À propos » et fil d'actualité, sur abondance.com

Search Engine Land, sur searchengineland.com

Search Engine Roundtable, page « About Us », sur seroundtable.com

Growth Memo, lettre de Kevin Indig, sur growth-memo.com

Sources consultées et accessibles le 27 août 2026.

À lire aussi