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Convention collective : comment identifier celle qui s'applique à son entreprise

Convention collective : comment identifier celle qui s'applique à son entreprise

Identifier la convention collective qui s'applique à son entreprise est une obligation légale que beaucoup de dirigeants prennent à la légère. Pourtant, se tromper de convention collective, ou l'ignorer purement et simplement, expose à des rattrapages de salaires, à des congés supplémentaires non versés et à des litiges prud'homaux dont la facture peut être lourde. La bonne nouvelle : les règles de détermination sont précises et l'information est accessible à tous.

À retenir

  • La convention collective est déterminée par l'activité principale réelle de l'entreprise, pas par le code APE attribué par l'INSEE.
  • Toute entreprise doit mentionner la convention collective applicable sur les bulletins de paie de ses salariés.
  • Si plusieurs activités coexistent, c'est l'activité principale (celle qui génère le plus de chiffre d'affaires ou emploie le plus de salariés) qui détermine la convention applicable.
  • Un accord d'entreprise peut être plus favorable que la convention collective, jamais moins.

Convention collective et code APE : une confusion fréquente

Le code APE (activité principale exercée), attribué par l'INSEE lors de l'immatriculation de l'entreprise, est souvent confondu avec l'identifiant de la convention collective applicable. Cette confusion est une source d'erreurs fréquentes. Le code APE n'a aucune valeur juridique contraignante pour déterminer la convention collective : il est attribué sur la base de la déclaration initiale de l'activité et n'est pas toujours exact. De plus, plusieurs conventions collectives peuvent correspondre au même code APE selon les circonstances.

Ce qui détermine la convention applicable, c'est l'activité réelle et principale de l'entreprise au moment considéré. Si une entreprise a évolué depuis sa création et que son activité principale a changé, elle peut être soumise à une convention collective différente de celle initialement retenue, même si son code APE n'a pas été mis à jour. Dans ce cas, c'est l'activité réelle qui prévaut sur l'intitulé administratif.

Comment identifier sa convention collective

La première source à consulter est l'intitulé de la branche professionnelle dont relève l'activité principale de l'entreprise. Chaque convention collective porte un numéro IDCC (identifiant de convention collective) qui permet de la référencer de façon unique. La base de données LégiFrance publie l'intégralité des conventions collectives étendues, consultables gratuitement et actualisées régulièrement.

Le site du ministère du Travail propose également un moteur de recherche par secteur d'activité, par code NAF/APE ou par mots-clés. En saisissant son activité, on obtient les conventions collectives susceptibles de s'appliquer, avec leur IDCC. Si plusieurs résultats apparaissent, c'est le champ d'application territorial et professionnel de chaque convention qui permet de trancher.

En pratique, pour les secteurs aux frontières floues (une entreprise de conseil qui fait à la fois du recrutement et du conseil en organisation, par exemple), il peut être utile de consulter les organisations patronales de la branche. Celles-ci peuvent délivrer une attestation d'adhésion ou confirmer que telle entreprise relève de telle convention. Cette démarche n'est pas obligatoire mais apporte une sécurité juridique en cas de litige.

SecteurConvention collectiveIDCC
Restauration rapideConvention collective de la restauration rapide1501
Commerce de détail alimentaireCC du commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire2216
Bâtiment (ouvriers)CC nationale des ouvriers du bâtiment1597
Transports routiersCC des transports routiers et activités auxiliaires16
Bureaux d'études techniques (SYNTEC)CC nationale des bureaux d'études techniques1486
Hôtels, cafés, restaurantsCC des hôtels, cafés, restaurants1979

Ce que la convention collective impose concrètement

Une convention collective fixe un ensemble de règles qui s'ajoutent (et ne peuvent pas être moins favorables) aux dispositions légales. Les domaines couverts varient d'une branche à l'autre, mais on y trouve généralement les minima salariaux par classification de poste, les congés supplémentaires (certaines branches accordent des congés conventionnels au-delà des cinq semaines légales), les modalités de calcul des heures supplémentaires, les conditions de passage d'un coefficient à un autre, les primes d'ancienneté, les conditions spécifiques de rupture du contrat (préavis, indemnités), et parfois un régime de prévoyance et une mutuelle complémentaire obligatoires.

Ne pas appliquer la convention collective peut entraîner des rappels de salaire sur plusieurs années, à hauteur de la différence entre le salaire versé et le minimum conventionnel. Les Conseils de prud'hommes accordent régulièrement ce type de rappel, avec les congés payés afférents, sur les trois dernières années (délai de prescription des créances salariales). Sur une brigade de dix salariés sous-rémunérés de 50 euros par mois pendant trois ans, le montant peut rapidement dépasser 18 000 euros.

Bon à savoir

La convention collective doit être mentionnée sur les bulletins de paie (article R.3243-1 du Code du travail). Elle doit également être portée à la connaissance des salariés par affichage dans les locaux ou, à défaut, par tout autre moyen permettant d'en justifier. Un exemplaire à jour doit être mis à la disposition des salariés sur leur lieu de travail.

Hiérarchie des normes : convention, accord d'entreprise et contrat

La convention collective fixe un plancher de droits, pas un plafond. Un accord d'entreprise peut prévoir des dispositions plus favorables pour les salariés (prime supérieure, congés supplémentaires, durée de préavis plus longue). En revanche, il ne peut jamais déroger à la convention collective dans un sens défavorable aux salariés, sauf dans les matières où la loi autorise expressément cette dérogation.

Le contrat de travail individuel obéit à la même logique : il peut améliorer les droits du salarié au-delà de la convention collective et de l'accord d'entreprise, jamais les réduire. Un salarié qui constate que son contrat prévoit un niveau inférieur à ce que la convention impose peut exiger l'application du niveau conventionnel, même si le contrat ne le mentionne pas expressément.

Attention

Les conventions collectives évoluent régulièrement. Une revalorisation des minima salariaux de branche publiée en cours d'année s'applique à la date d'entrée en vigueur de l'avenant, pas à partir de la prochaine paye. Mettre en place une veille sur les avenants de sa convention (abonnement aux alertes LégiFrance ou via un expert-comptable) permet d'éviter les rappels de salaire involontaires.

Questions fréquentes

Que faire si aucune convention collective ne correspond à mon activité ?

Si aucune convention collective étendue ne couvre votre secteur, seul le Code du travail s'applique. Certains secteurs très spécifiques n'ont pas de convention étendue. Dans ce cas, l'employeur peut librement négocier un accord d'entreprise ou se contenter des minima légaux. Il est néanmoins prudent de vérifier régulièrement si une convention de branche n'a pas été étendue à votre secteur.

Mon entreprise peut-elle choisir sa convention collective ?

Non. La convention collective est déterminée objectivement par l'activité principale de l'entreprise. Il n'y a pas de choix discrétionnaire. Appliquer volontairement une convention moins favorable que celle réellement applicable est illégal et expose à des rappels de salaire et à des sanctions prud'homales.

Comment connaître les minima salariaux de sa convention collective ?

Les grilles de salaires minimaux sont publiées dans les avenants à la convention collective, consultables sur LégiFrance (rubrique Conventions collectives). Les organisations patronales de branche publient aussi ces grilles régulièrement actualisées. Un expert-comptable spécialisé en droit social peut également vous transmettre la grille à jour et signaler les avenants à venir.

Identifier et appliquer correctement sa convention collective n'est pas une démarche optionnelle. C'est une obligation légale dont les manquements sont sanctionnés, et un fondement de la relation contractuelle avec chaque salarié. La vérification devrait faire partie de tout audit social annuel, au même titre que la mise à jour du DUERP ou le contrôle des déclarations sociales.

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