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Affichage obligatoire en entreprise : la liste complète

Panneau d'affichage obligatoire en entreprise avec textes réglementaires

La liste des documents à punaiser sur un panneau est plus courte qu'on ne le croit. Depuis la simplification opérée par le décret du 20 octobre 2016, une bonne partie des anciens affichages obligatoires est devenue une simple obligation d'information « par tout moyen ». La convention collective, les textes sur le harcèlement, ceux sur les discriminations et l'ordre des départs en congé ont basculé dans cette seconde catégorie. Neuf informations restent en revanche à afficher physiquement, quelle que soit la taille de l'entreprise.

L'essentiel

L'affichage physique concerne les coordonnées d'urgence, les consignes incendie, les horaires collectifs, l'interdiction de fumer et de vapoter, les modalités d'accès au document unique et les panneaux syndicaux. L'information par tout moyen, courriel ou intranet compris, suffit pour la convention collective, l'égalité de rémunération, le harcèlement, les discriminations, les congés payés et le repos hebdomadaire. Le défaut d'affichage est une contravention de 4e classe, jusqu'à 750 euros par salarié concerné.

Les neuf documents à afficher dans les locaux

Ces documents doivent être visibles dans un lieu de passage accessible à tous les salariés, hall d'entrée, vestiaire, salle de pause ou couloir de service. Un bureau fermé ou un classeur rangé dans une armoire ne satisfait pas à l'obligation.

  • Les coordonnées de l'inspection du travail, avec le nom de l'inspecteur compétent, son adresse et son téléphone.
  • Le service d'accueil téléphonique contre les discriminations du Défenseur des droits, au 09 69 39 00 00.
  • Les coordonnées du médecin du travail ou du service de prévention et de santé au travail auquel l'entreprise adhère.
  • Les numéros des services de secours, SAMU 15, pompiers 18, police 17, numéro d'urgence européen 112.
  • Les consignes de sécurité incendie, avec le plan d'évacuation et la signalétique normalisée NF EN ISO 7010.
  • Les horaires collectifs de travail, heures de début et de fin de chaque période et durée des repos.
  • L'interdiction de fumer et de vapoter dans les lieux fermés et couverts, avec la signalisation réglementaire.
  • Les modalités d'accès au document unique d'évaluation des risques professionnels, et non le document lui-même.
  • Les panneaux réservés aux communications syndicales, distincts de l'affichage de l'employeur, dès qu'une section syndicale existe.

Les cinq informations transmissibles par courriel

Pour ces informations, la loi impose de porter le contenu à la connaissance des salariés sans prescrire de support. Un envoi par messagerie, une page d'intranet ou une remise en main propre contre décharge conviennent. Ce qui compte, en cas de contrôle, c'est de démontrer que l'information a bien circulé.

  • La convention collective applicable, son intitulé et l'endroit où la consulter. Un renvoi vers le texte publié sur Légifrance est admis dès lors que tous les salariés disposent d'un accès informatique.
  • L'égalité de rémunération entre les femmes et les hommes, articles L3221-1 à L3221-7 du Code du travail.
  • Le harcèlement moral et le harcèlement sexuel, texte des articles concernés, sanctions pénales encourues et coordonnées des autorités à saisir.
  • La lutte contre les discriminations, articles 225-1 à 225-4 du Code pénal.
  • Le repos hebdomadaire et les congés payés, période de prise et ordre des départs, ce dernier devant être connu au moins un mois avant le départ.

Le basculement vers l'information par tout moyen n'allège pas la charge de la preuve. Un courriel non lu reste une information non reçue si le salarié conteste. Les entreprises qui gèrent ce point sérieusement conservent l'accusé de réception ou la trace de connexion à l'intranet.

Les obligations qui s'ajoutent à 11 et à 50 salariés

EffectifAjoutForme
1 salariéSocle commun décrit ci-dessusAffichage et information
11 salariésListe nominative des membres du CSE et résultats des électionsAffichage
11 salariésIdentité et coordonnées du référent harcèlement sexuel du CSEInformation
50 salariésRèglement intérieur, après consultation du CSE et dépôt à l'inspection du travailAffichage sur les lieux de travail et d'embauche
50 salariésIndex de l'égalité femmes-hommes et mesures de correctionPublication sur le site de l'entreprise
50 salariésAccord de participation, existence et modalitésInformation
50 salariésPlan de sauvegarde de l'emploi, le cas échéant (article L1233-57)Affichage

L'index d'égalité est souvent rangé à tort parmi les affichages. Il se publie sur le site internet de l'entreprise au plus tard le 1er mars, reste consultable jusqu'à la publication suivante, et se transmet en parallèle au CSE ainsi qu'à l'administration. Une entreprise sans site internet le porte à la connaissance des salariés par tout moyen.

Trois cas particuliers s'ajoutent hors seuils d'effectif. Le travail de nuit impose d'afficher les coordonnées d'un service médical joignable pendant la plage nocturne. Les établissements recevant du public relèvent d'une signalétique de sécurité propre, issue du règlement de sécurité contre l'incendie. Les entreprises du secteur alimentaire portent enfin des obligations d'information sur les allergènes qui relèvent du droit de la consommation, pas du Code du travail.

Les documents à afficher physiquement

Combien coûte un panneau non conforme

Le défaut d'affichage constitue une contravention de 4e classe, soit 750 euros au maximum pour un employeur personne physique. Pour une société, le montant est quintuplé et atteint 3 750 euros. L'amende s'apprécie par infraction et, pour plusieurs obligations, par salarié concerné, ce qui fait grimper vite l'addition dans une entreprise de trente personnes.

En pratique, l'inspection du travail ouvre rarement un contrôle sur ce seul motif. Le panneau est vérifié à l'occasion d'une visite déclenchée par autre chose, un accident du travail, un signalement de salarié, une enquête sur la durée du travail. La sanction la plus fréquente reste la mise en demeure de régulariser sous délai, l'amende n'intervenant qu'en cas de manquement persistant ou d'obligation liée à la sécurité.

Télétravail et sites multiples

Un affichage sur intranet ne remplace pas le panneau physique pour les neuf informations du socle. Une entreprise dont les salariés sont en télétravail intégral doit maintenir l'affichage dans les locaux où ils se rendent ponctuellement, et doubler l'information sur l'espace numérique. Pour une entreprise multi-sites, chaque établissement doit porter son propre affichage, avec les coordonnées de l'inspecteur territorialement compétent, qui diffèrent d'un département à l'autre.

Quatre éléments qui se périment sans prévenir

Plusieurs mentions se périment sans prévenir. Les coordonnées de l'inspecteur du travail changent à chaque réorganisation des unités de contrôle. La liste des élus du CSE se renouvelle à chaque scrutin, tous les quatre ans au maximum. L'index d'égalité se republie chaque 1er mars. Le service de santé au travail change parfois de raison sociale ou d'adresse à la suite d'un regroupement.

Une vérification annuelle inscrite au calendrier RH suffit dans la plupart des structures. Des prestataires commercialisent des panneaux à jour par abonnement, pour quelques centaines d'euros par an. Le service se justifie surtout pour une entreprise multi-sites, où l'oubli vient rarement du siège mais d'un établissement secondaire dont personne n'a la charge.

Vos questions

Un affichage entièrement numérique est-il accepté ?

Pour les informations relevant du régime « par tout moyen », oui, sans réserve. Pour les neuf documents du socle, non. Le Code du travail impose un affichage sur les lieux de travail, et un écran d'intranet n'y répond pas. Un panneau physique complété par une mise à disposition numérique reste la configuration la plus sûre en cas de contrôle.

Faut-il afficher la convention collective en entier ?

Non, et cela n'a jamais été le cas. L'employeur doit indiquer l'intitulé de la convention applicable et l'endroit où la consulter, plus tenir un exemplaire à disposition. Depuis 2016, cette information relève du régime « par tout moyen ». Un renvoi vers le texte consolidé sur Légifrance suffit dès lors que chaque salarié dispose d'un accès informatique, ce qui n'est pas le cas dans un atelier ou sur un chantier.

Où placer le panneau pour être en règle ?

Dans un lieu de passage librement accessible pendant les heures de travail, sans avoir à demander une clé ou une autorisation. Vestiaire, salle de pause, hall d'accueil du personnel et couloir menant aux bureaux sont les emplacements retenus en pratique. Une entreprise répartie sur plusieurs bâtiments doit installer un panneau par bâtiment, l'affichage au siège ne couvrant pas les autres implantations.

Le document unique doit-il être affiché ?

Non, seules ses modalités d'accès le sont, autrement dit l'indication de la personne à qui le demander et du lieu où il est consultable. Le document lui-même est tenu à disposition des salariés, du CSE, du médecin du travail et de l'inspection. Depuis la loi du 2 août 2021, chaque version doit être conservée pendant quarante ans, y compris pour les anciens salariés qui en feraient la demande.

Sources

Service-Public Entreprendre - Affichages et informations obligatoires dans l'entreprise par seuil d'effectif : entreprendre.service-public.gouv.fr/vosdroits/F23106

Légifrance - Articles D4711-1 et suivants du Code du travail, documents à afficher sur les lieux de travail : legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGITEXT000006072050

Décret n° 2016-1417 du 20 octobre 2016 - Simplification des obligations d'affichage et d'information dans l'entreprise : legifrance.gouv.fr

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