Quel est l'intérêt d'avoir un PER ?
En bref : le plan d'épargne retraite permet de déduire ses versements du revenu imposable, dans la limite de 10 % des revenus professionnels et de 37 680 euros pour les versements de 2026, davantage pour les indépendants. L'argent est bloqué jusqu'à la retraite, sauf achat de la résidence principale et accidents de la vie, puis récupéré en capital ou en rente, imposés à ce moment-là. L'intérêt se mesure à l'écart entre le taux d'imposition d'aujourd'hui et celui de la retraite. Pour un contribuable imposé à 30 % ou plus, il est réel. Pour un contribuable à 11 % ou non imposable, il est faible, et l'assurance-vie fait mieux.
Le PER a remplacé en octobre 2019 les anciens produits d'épargne retraite, PERP, contrat Madelin, PERCO et article 83, avec une règle simple. On verse pendant la vie active, on déduit ces versements de son revenu imposable, on récupère l'épargne à la retraite. Depuis, c'est le produit que les banques et les assureurs proposent en premier à tout client qui paie de l'impôt. Il le mérite dans certaines situations, moins dans d'autres.
La déduction à l'entrée et l'impôt à la sortie
Les versements volontaires sur un PER se déduisent du revenu imposable de l'année. Pour un salarié, le plafond est de 10 % des revenus professionnels de l'année précédente, avec un maximum de 37 680 euros pour les versements effectués en 2026, et un minimum de 4 710 euros pour ceux qui gagnent peu. Les plafonds non utilisés des trois années précédentes s'ajoutent, ce qui permet un gros versement l'année d'une prime ou d'une plus-value. Le plafond disponible figure sur l'avis d'imposition, en dernière page.
Pour un travailleur indépendant, artisan, commerçant, profession libérale ou gérant majoritaire, le plafond est plus élevé, hérité du contrat Madelin. Il atteint 10 % du bénéfice dans la limite de huit fois le plafond de la Sécurité sociale, plus 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre une et huit fois ce plafond, soit jusqu'à 87 135 euros pour 2026. C'est pour les indépendants bien rémunérés que le PER pèse le plus lourd.
L'économie immédiate se calcule avec le taux marginal d'imposition, celui de la tranche la plus haute atteinte par le revenu. Un versement de 10 000 euros fait économiser 3 000 euros d'impôt à un contribuable dans la tranche à 30 %, 4 100 euros dans celle à 41 %. Il faut toutefois lire la suite. À la sortie, le capital issu de versements déduits est imposé au barème de l'impôt sur le revenu, et les gains à la flat tax de 30 %. Le PER ne supprime pas l'impôt, mais le reporte. Le gain vient de la différence entre le taux d'aujourd'hui et celui de la retraite, en général plus bas, et de la capitalisation pendant vingt ou trente ans d'une somme qui aurait sinon été versée au Trésor.
| Taux marginal pendant l'activité | Versement | Économie d'impôt l'année du versement | Effort réel d'épargne |
|---|---|---|---|
| 11 % | 10 000 € | 1 100 € | 8 900 € |
| 30 % | 10 000 € | 3 000 € | 7 000 € |
| 41 % | 10 000 € | 4 100 € | 5 900 € |
| 45 % | 10 000 € | 4 500 € | 5 500 € |
Prenons un cadre imposé à 41 %. Il verse 10 000 euros et économise 4 100 euros. Trente ans plus tard, retraité imposé à 30 %, il retire ce capital devenu 20 000 euros. Il paie 3 000 euros d'impôt sur les 10 000 euros de versement et 3 000 euros de flat tax sur les 10 000 euros de gains, soit 6 000 euros. Il a donc payé 6 000 euros d'impôt au lieu de 4 100 euros, mais trente ans plus tard, sur un capital doublé, et avec un effort initial de 5 900 euros. Le même contribuable qui reste imposé à 41 % à la retraite y gagne moins, et celui qui est à 11 % pendant sa vie active n'a presque rien gagné à l'entrée tout en subissant l'impôt à la sortie.
Déduire ou ne pas déduire
La déduction est une option. Un titulaire peut choisir de ne pas déduire ses versements. Dans ce cas, le capital est exonéré d'impôt à la sortie et seuls les gains sont taxés. Cette option intéresse les contribuables peu imposés qui veulent quand même un cadre d'épargne bloquée, et ceux qui pensent être plus imposés à la retraite qu'aujourd'hui, ce qui arrive aux indépendants qui ont vendu leur entreprise. Le choix se fait versement par versement et se déclare à l'établissement.
Comment l'argent est placé
Par défaut, le PER est en gestion pilotée à horizon. L'épargne est investie en actions et en fonds diversifiés quand la retraite est loin, puis sécurisée progressivement vers des fonds en euros ou obligataires à l'approche de l'échéance. Le titulaire peut opter pour la gestion libre et choisir lui-même ses supports. Les frais font une différence considérable sur trente ans. Un PER de banque traditionnelle à 1 % de frais de gestion annuels et 3 % de frais sur versements laisse nettement moins qu'un PER en ligne à 0,5 % sans frais d'entrée. Depuis 2022, les établissements doivent publier un tableau standard de frais, ce qui rend la comparaison possible.
La sortie, en capital ou en rente
À la retraite, le titulaire choisit. Le capital, en une fois ou par retraits fractionnés sur plusieurs années, ce qui permet de lisser l'impôt en restant dans une tranche basse. La rente viagère, versée jusqu'au décès, qui sécurise un revenu mais se perd en cas de décès précoce, sauf option de réversion. Ou un mélange des deux. Le retrait fractionné est devenu le choix le plus fréquent. Retirer 15 000 euros par an pendant dix ans coûte moins d'impôt que 150 000 euros d'un coup, qui feraient monter le retraité de deux tranches.
Récupérer l'argent avant la retraite
Le PER se débloque avant terme dans six cas. L'achat de la résidence principale, pour les sommes issues de versements volontaires et de l'épargne salariale. Puis les accidents de la vie, invalidité du titulaire, de son conjoint ou d'un enfant, décès du conjoint ou du partenaire de PACS, fin des droits au chômage, surendettement, et cessation d'une activité non salariée après une liquidation judiciaire.
La fiscalité diffère. Pour la résidence principale, le retrait est imposé comme une sortie en capital à la retraite, impôt sur le revenu sur les versements déduits et flat tax sur les gains. Pour les accidents de la vie, le capital est exonéré d'impôt sur le revenu et seuls les gains supportent les prélèvements sociaux de 17,2 %. Débloquer pour un achat immobilier est donc possible, mais coûteux fiscalement, et cela vide un compte qui devait servir trente ans plus tard. Pour constituer un apport, une assurance-vie ou un livret font mieux.
Questions fréquentes sur le PER
PER ou assurance-vie : lequel choisir ?
L'assurance-vie reste disponible à tout moment, offre une fiscalité douce sur les gains après huit ans et transmet jusqu'à 152 500 euros par bénéficiaire hors succession. Le PER est bloqué, mais il donne une déduction immédiate. Imposé à 30 % ou plus, avec une épargne de précaution déjà constituée, le PER passe en premier jusqu'au plafond déductible. Imposé à 11 % ou non imposable, l'assurance-vie fait tout aussi bien sans bloquer les fonds. Beaucoup de ménages ont intérêt à tenir les deux.
Le PER est-il transférable d'un établissement à un autre ?
Oui, vers n'importe quel autre PER, individuel ou d'entreprise. Le transfert est gratuit après cinq ans de détention. Avant, les frais sont plafonnés à 1 % de l'épargne. Un ancien PERP, Madelin ou article 83 se transfère aussi vers un PER. C'est le moyen de regrouper des contrats dispersés et de fuir des frais trop élevés.
Quel montant verser chaque mois sur un PER ?
Pas plus que ce qu'on peut immobiliser jusqu'à la retraite, et pas plus que le plafond déductible, au-delà duquel les versements ne procurent aucun avantage à l'entrée tout en restant bloqués. Une épargne de précaution de trois à six mois de dépenses passe avant. Ensuite, des versements mensuels lissent le prix d'achat des supports, et un versement complémentaire en fin d'année ajuste le montant au plafond, une fois le revenu de l'année connu.
Service-public.fr, « Plan d'épargne retraite individuel (PERin) », plafonds de déduction et cas de déblocage anticipé : service-public.gouv.fr
Bulletin officiel des finances publiques, déduction des cotisations d'épargne retraite (BOI-IR-BASE-20-50) : bofip.impots.gouv.fr
Urssaf, plafond annuel de la Sécurité sociale 2025 et 2026 : urssaf.fr
Autorité des marchés financiers, « Le PER, questions-réponses » et tableau standard des frais : amf-france.org